FAMILLE Cette comédie noire n'est pas transandate : l'humour y est finalement assez rare, et c'est plutôt l'ennui qui s'installe. Le gros problème est que le réalisateur ne fait que survoler son idée de départ, préférant accumuler les morts que de vraiment s'intéresser aux subterfuges de la famille pour les dissimuler aux autres personnages - et notamment aux jeunes filles. Celles-ci tombent à plusieurs moments sur des scènes très suspectes, mais cela n'aura jamais aucune conséquence : elles semblent ne jamais se questionner plus que deux ou trois secondes. La fin du long métrage est à ce titre assez étrange, puisque nous nous doutons qu'elles sont bien plus ou moins au courant de ce qui a pu se passer, mais le réalisateur ne les aura pourtant jamais confrontées à aucun moment aux autres membres de la famille à ce sujet. Le plan final, qui s'arrête sur l'une des jeunes filles, en est d'autant plus troublant, et j'avoue ne pas du tout avoir compris son intérêt, puisqu'elle et sa soeur n'ont fait qu'une figuration discrète tout le long du film. XXX est donc tout simplement frustrant, car ce qu'on pensait être le fil conducteur de l'histoire, les péripéties de la famille pour dissimuler les morts qui s'enchaînent, ne décolle jamais. Le quiproquo final, partant pourtant lui aussi d'une bonne idée, tombe également totalement à plat, ses conséquences n'étant qu'efflerées. Le film n'est pourtant pas totalement dépourvu d'humour, mais celui-ci naît de l'oncle nigaux et légèrement pervers et non de l'intrigue principale. Au final, XXX est tout simplement un film décevant. Des interprêtes tout à fait corrects, un scénario attirant, mais un traitement véritablement trop quelconque pour que l'on s'y attarde véritablement. C'est aussi le premier film corréen que je vois dont la mise en scène comme la photographie sont totalement quelconque, même si cela a peut-être simplement à voir avec son année de production. Hanako Ah, Hanako ! Ce film me faisait de l'oeil depuis maintenant plusieurs années ! Pensez-vous, la légende urbaine du fantôme d'une collégienne hantant des toilettes ! Il n'en faut parfois pas plus pour me donner envie. Je ne m'attendais pourtant pas à une merveille : tous les visuels que j'avais pu voir laissaient entrevoir un téléfilm sans grande prétention, mais avec une ambiance qui le rendrait sans doute sympathique. Sans prétention, le film l'est assurément, mais l'ambiance n'est malheureusement pas là. Avec un scénario aussi léger, il aurait pourtant fallu compenser. Hanako a de plus pris un coup de vieux incroyable, tant dans la mise en scène que ses effets et sa photographie. L'ennui envahit la majorité du long-métrage, et les quelques scènes qui auraient pu se révèler un tant soit peu flippantes tombent totalement à plat à cause des effets trop kitch. La scène finale d'exorcisme est à ce titre un sommet du ridicule, avec ce montage totalement irritant des cris des différents personnages présents, et ce bouquet final devient véritablement insupportable. Le film n'étant pas sorti en France, les curieux qui voudront bénéficier de sous-titres français devront se tourner vers le sous-titrage amateur - autant les prévenir donc, il y a de grandes chances qu'ils se retrouvent rapidement paumés quant aux noms des personnages. Première surprise, Kanae, l'amie de l'héroïne, se voit constamment rebaptisée Konoe - cela dit, cela ne pertubera sans doute pas outre-mesure les personnes n'ayant pas de notion en japonais, les sons restant proches. Ce qui est carrément plus génant, c'est que les personnages sont par la suite dénommés parfois par leur prénom, parfois par leur noms, mais sans tenir compte du dialogue effectivemment prononcé. Ainsi, vers la fin du film, les sous-titreurs ont décidé de n'appeller les personnages que par leur nom de famille, quand bien même les acteurs sont eux en train de prononcer les prénoms. C'est évidemment encore plus perturbant du fait que les noms de famille des personnages n'ont été que très peu évoqués dans le film, et qu'il est donc très difficile de se rémémorrer à quel personnage correspond tel nom de famille. J'avoue être resté totalement perpexle quant à ce "choix" de sous-titrage. Déception donc pour ce film, qui ne mérite pas qu'on s'y attarde. MORT, SS, SS Un film à sketches fantastique de Hideo Nakata (Ring, Dark Water) dont je n'avais bizarrement jamais entendu parler avant de tomber dessus totalement par hasard. Dès les premières minutes, on sent bien qu'il s'agit là d'une oeuvre pré-Ring : le budget manque clairement. Mais qu'importe, le réalisateur fera avec, composant parfois des tableaux assez effrayants (tant que l'on arrive à passer outre le manque de moyens, évidemment). LA POUPÉE Le hasard a voulu que je voie ce film le lendemain de mon visionnage de Toire no Hanako. S'il n'est ici pas du tout question du fantôme des toilettes, ce segment et Hanako partagent pourtant nombre de points communs, à commencer par la poupée présente dans chacun dans ces deux films, qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau. On retrouve également le thème de la soeur aînée décédée qui appelle à l'aide depuis l'au-delà, mais aussi la scène finale, quasiment identique, concernant la destruction de la dite poupée. D'un format bien plus court que le film Hanako, ce segment est bien plus supportable, quand bien même il n'est aucunement original. LA NOYEE Malheureusement plombé par le manque de moyens, ce setch a cependant toute ma sympathie, ce grâce à son fantôme. Le maquillage utilisé, la gestuelle et le jeu de l'actrice feront peut-être rire certains, le rendu à l'image n'étant malhreusement pas très crédible, mais il faut avouer que Nakata a fait son maximum avec ses trois francs six sous pour tenter de rendre cette femme noyée réellement effrayante. L'histoire est classique, la fin un peu niaise, mais le segment vaut tout de même le coup d'oeil pour cette morte intriguante. LE MIROIR Un petit récit sans grande prétention, qui se laisse agréablement regarder grâce au charme des trois actrices présentes et d'une photo plus attayante que celle des précédents sketch (la maison traditionnelle y étant évidemment pour beaucoup).